Une semaine à peine depuis la fin des travaux. J’attendais ce moment, celui où je pourrais enfin remettre en place cette chaise à bascule suspendue, celle qui me faisait tant envie. Et l’idée d’en faire un guide, histoire de partager les galères et les astuces, s’est imposée presque d’elle-même. J’avoue : jamais je n’aurais imaginé qu’accrocher une chaise puisse devenir une question aussi technique. Mais, avec un peu de persévérance et pas mal de tests, il est possible d’y arriver solidement.
Avant de m’attaquer au plafond, perceuse et cheville en main, je pensais que ça se passerait comme pour une simple étagère. Perçage, fixation, terminé. Mais non. Dès les deux premiers centimètres, la perceuse s’est retrouvée face à un obstacle inattendu, le fameux « blimp » du plafond.
Ce que cache votre plafond : une étape à ne pas négliger
Pas besoin de rentrer dans tous les détails, mais connaître la structure de son plafond, c’est la base. Après discussion avec un artisan, puis échanges avec mon père, j’ai appris que notre plafond était fait de « hurdis » (l’orthographe reste incertaine). Concrètement, la partie inférieure fait environ deux centimètres d’épaisseur ; ces briques creuses, renforcées par des poutrelles en fer, ne supportent pas grand-chose. Au-dessus, une dalle de béton d’au moins 7 cm vient renforcer l’ensemble. C’est là-dedans qu’il faut viser pour espérer supporter le poids d’une chaise suspendue.
Ne jamais fixer directement dans les briques creuses
Impossible de compter sur un maçon ou un bricoleur pour régler le problème à ma place. Quelques conseils sont tout de même tombés : l’« ancre chimique » revenait sans cesse dans les discussions. En fouillant un peu, j’ai compris qu’il s’agissait d’un mastic hautement résistant, utilisé là où la charge est importante et bougeante. Mais impossible de l’utiliser dans les simples briques creuses. La solution : percer à travers jusqu’à la dalle de béton, en traversant tout le plafond, avec une mèche de 16 mm sur 20 cm de long. D’ailleurs, la mèche prévue à l’origine faisait 14 mm, mais il a fallu voir plus large. L’objectif : accrocher la chaise dans la partie en béton, et pas ailleurs. Pour percer, on avance doucement dans la brique, puis en mode percussion dans le béton.
Le duo gagnant : ancrage chimique et tamis
L’ancrage chimique s’injecte dans un trou où l’on place d’abord un tamis, une sorte de gaine disponible en plastique ou en métal, qui joue le rôle d’amortisseur et de répartiteur de charge. On pourrait se demander pourquoi ne pas utiliser une cheville classique si l’on vise le béton. Mais dans mon cas, le béton était déjà ancien et commençait à s’effriter dès le perçage. D’où l’intérêt de la résine, qui vient combler et solidifier l’ensemble.
Comment choisir la bonne ancre chimique ?
Il existe plusieurs types d’ancrages chimiques, adaptés selon l’humidité, la température ou la robustesse du support. Pour un plafond d’habitation, sec et tempéré, le choix se porte sur une ancre à base de polyester. Certains articles expliquent ça très bien, comme celui-ci. À vérifier aussi : le produit ne doit pas contenir de styrène, substance nocive, c’est écrit dessus si c’est le cas.
Mise en œuvre : fixer la chaise avec une ancre chimique
Voici, étape par étape, comment je m’y suis pris pour installer la fixation en toute sécurité :
- Avant tout, il a fallu repérer sur le plafond l’emplacement précis où passent les poutrelles (« Ička »). Un constructeur m’a d’ailleurs conseillé de me rapprocher d’une de ces poutrelles pour mieux répartir le poids.
- Perçage : 18 cm de profondeur, puis nettoyage minutieux du trou à la brosse et à l’aspirateur pour retirer toute la poussière.
- Insertion d’un tamis de 14 cm dans le trou. Pour atteindre le fond en béton (18 cm), j’ai dû couper le rebord évasé du tamis.
- Préparation du pistolet à cartouche, avec la résine chimique. Premier essai : échec total avec un pistolet basique, je l’ai cassé net. Passage obligé en magasin pour acheter un modèle pro, bien plus efficace et robuste (comptez environ 200 euros pour un bon outil).
- Suivant la notice, j’ai d’abord vidé 10 cm de résine pour bien mélanger les deux composants. À partir de là, il faut agir rapidement.
- Deux tiers du tamis remplis de résine, puis insertion immédiate d’un anneau en fer de 12 mm de diamètre (le tamis fait 14 mm), en poussant bien jusqu’au fond.
- La prise est rapide : en six minutes, la fixation supporte déjà 80 % de la charge ; en trois quarts d’heure, tout est complètement durci.
Voilà, le tour est joué. Aujourd’hui, la chaise accueille les enfants qui s’y balancent à tour de rôle. Même à deux, elle tient bon, comme l’avait prédit Gyd, il faudrait vraiment un coup du sort pour qu’elle lâche. Côté technique, c’est terminé. Les puristes me pardonneront peut-être pour les approximations de vocabulaire ; aux bricoleurs débutants, je souhaite une bonne dose de ténacité, l’effort en vaut la chandelle.
Et maintenant, un aperçu du résultat : la chaise trône sous le plafond, pieds au chaud, lumière douce et vue sur la campagne, là où les renards filent discrètement à la tombée du jour.
Alors, prêt à tenter l’aventure et suspendre vous aussi une chaise à bascule ? Toutes les instructions détaillées pour la fabriquer sont accessibles en début d’article, ou bien en tapant « chaise suspendue » dans la barre de recherche. Ce genre de réalisation fait un cadeau inattendu, plein d’effet, pour quelqu’un qui compte. Et si la bricole vous fait peur, il reste la solution de commander une chaise sur-mesure, réalisée par mes soins. Après tout, parfois, le plus solide, c’est d’oser se lancer.











