Potager

Pourquoi la lutte biologique est la solution pour vos plantes ?

Pour combattre les insectes ravageurs et toutes autres menaces potentielles pour la suivie de la plante, deux possibilités s’offrent à vous : la lutte biologique et l’utilisation des pesticides. La lutte biologique consiste à utiliser certains organismes pour combattre ceux qui menacent la survie de la plante. La méthode est simple et consiste à augmenter de façon artificielle la population des organismes auxiliaires afin de réguler l’action des ravageurs des cultures.

Une autre méthode consiste à créer un écosystème favorable à la multiplication de ces prédateurs des nuisibles. La lutte biologique est-elle la meilleure méthode pour lutter contre les ravageurs dans votre jardin ? Si oui, pourquoi ? La réponse à cette question fait l’objet d’analyse de cet article.

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Les pesticides sont mauvais pour l’environnement

Les pesticides sont des substances chimiques utilisées pour lutter contre les organismes indésirables tels que les bactéries, les champignons et les plantes. Les pesticides les plus utilisés sont :

  • les herbicides : ils permettent de lutter contre les mauvaises herbes qui nuisent à la croissance des plantes;
  • les insecticides : pour tuer les insectes nuisibles des cultures;
  • les fongicides : pour combattre les champignons;

Toutefois, même si les pesticides sont mauvais pour l’environnement, son utilisation présente tout de même un intérêt.

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Quel est le rôle des pesticides ?

Les pesticides sont utilisés pour protéger les plantes contre les agresseurs biologiques. En effet, naturellement, les plantes disposent des défenses qui leur permettent de combattre des maladies et les insectes ravageurs. Cependant, il arrive souvent que ces défenses soient insuffisantes pour faire face à ces menaces. À cet effet, les pesticides semblent être l’une des solutions pour y faire face.

De même, les pesticides permettent de protéger les cultures contre les maladies. De ce fait, elles améliorent les rendements agricoles et permettent de maintenir la production mondiale stable. En plus de nuire au rendement agricole, les insectes s’attaquent également à la qualité des produits agricoles. Lorsqu’ils sont bien utilisés, les pesticides contribuent à la préservation du goût des aliments, la qualité et la conservation des récoltes.

Les pesticides : un ennemi de l’environnement

En dépit de toutes les actions positives mentionnées plus haut, l’utilisation des pesticides est dangereuse pour l’environnement. Déjà, il faut noter que la présence des pesticides dans l’air contribue à une pollution de celle-ci.  En effet, lors de l’épandage ou sous l’action de l’érosion éolienne, les pesticides peuvent se répandre dans l’air et être aspirés de façon inconsciente. En fonction des conditions météorologiques qui règnent au cours de leur utilisation, on peut voir près de 25 % à 75 % d’insecticides répandus se volatiliser dans l’air. Cela représente un grand danger pour les humains et toute la biodiversité.

Outre la pollution de l’air, les pesticides ont une incidence majeure sur la biodiversité, sur l’habitat de nombreux organismes vivants et sur le changement climatique. Son utilisation à des conséquences directes à court terme. Suite à son utilisation, les pesticides intoxiquent de façon directe ou indirecte les organismes vivants dans l’écosystème où ils sont répandus.

Cela a pour conséquence, une rupture dans la chaîne alimentaire. Dans la mesure où certaines espèces n’ont plus de quoi se nourrir, elles sont appelées à disparaître. De même, l’utilisation des pesticides a conduit à un déséquilibre de la population des abeilles, des insectes prédateurs (insectes auxiliaires), des oiseaux, des rongeurs et des poissons.

L’utilisation des pesticides a également un impact néfaste sur le milieu aquatique. En effet, lorsqu’il est répandu sur une surface, les eaux de ruissellement entraînent vers les milieux aquatiques. C’est ainsi qu’il l’infeste avec tout l’écosystème qui s’y trouve. Parfois, les vents entraînent les pesticides vers d’autres surfaces qui n’ont pas été ciblées. Suite à cela, on assistera à une infestation de tous les organismes vivant dans ces espaces. Il a été démontré qu’une utilisation répétée d’insecticide entraîne une résistance de certains insectes ravageurs qui s’habituent à leur effet.

Au vu des actions néfastes des pesticides sur la biodiversité, on peut retenir de cette analyse que les pesticides ne constituent pas la solution indiquée pour la lutte contre les nuisibles responsables de la destruction des plantes.

L’utilisation des insectes utiles

Face aux méfaits des pesticides, une solution qui semble moins nocive et meilleure est proposée de nos jours. Cette solution, c’est l’utilisation des insectes utiles dites auxiliaires, elle revêt également le nom de lutte biologique. Elle paraît être plus efficace pour combattre les insectes nuisibles sur les plantes et apporte de plus en plus des résultats satisfaisants.

La lutte biologique utilise des prédateurs naturels pour combattre les ravageurs des plantes.

Cela permet de combattre les ennemies des plantes tout en préservant l’équilibre de l’écosystème. Son intérêt repose sur le fait que les plantes sur lesquelles sont appliquées ces méthodes ne présentent aucun risque de contamination. De plus, l’environnement dans lequel elle a été appliquée reste neutre et sans pollution.

Comment se pratique la lutte biologique ?

Avant d’appliquer la lutte biologique sur vos plantes, il faut au préalable se rassurer que les insectes qui attaquent vos cultures sont en grande quantité. De plus, assurez-vous qu’aucun pesticide n’a été utilisé sur cette surface depuis deux ans. Dans le choix des prédateurs, veuillez choisir ceux qui sont adaptés aux ravageurs présents dans votre jardin. En plus de cela, les conditions climatiques qui règnent dans l’espace à traiter doivent être favorables à l’évolution de l’insecte auxiliaire choisie.

Pour obtenir les insectes auxiliaires, vous pouvez créer un environnement favorable à leur développement ou les introduire dans votre jardin. Pour créer un environnement favorable à leur développement, vous pouvez planter les plantes dites mellifères. Les plantes mellifères sont des plantes qui produisent soit du pollen, du nectar, du miellat ou de la propolis. Ainsi, en recherchant ces substances pour se régaler, de nombreuses espèces d’insectes dont les insectes auxiliaires vont trouver refuge dans votre jardin. Comme exemple de plantes mellifères, vous avez le noisetier, le sapin blanc, le clémentinier, le Merisier, etc.

Une autre technique pour obtenir des insectes auxiliaires dans votre potager consiste à acheter les œufs ou les larves de ces derniers dans les commerces et de les introduire dans votre plantation. Il est facile de trouver par exemple dans le commerce les œufs ou les larves des coccinelles qui sont des grands prédateurs des pucerons.

Les insectes auxiliaires

Parmi les prédateurs des ravageurs dans les jardins, les coccinelles restent les plus connus. Elles sont connues pour leur action contre les pucerons qui sont les plus grands ravageurs de plantes. En effet, parmi les insectes auxiliaires, nous avons les prédateurs et les parasitoses. Outre les coccinelles, il existe également d’autres espèces d’insectes auxiliaires prédateurs. Nous avons :

  • Les chrysopes

Bien qu’ils soient discrets, ils n’en demeurent pas moins virulents contre les insectes ravageurs. Les chrysopes s’attaquent aux insectes ravageurs à l’état de larves. En effet, leurs larves s’attaquent à de nombreuses espèces de ravageurs dont les acariens, les pucerons, les cochenilles et le tigre du platane. Toutefois, le problème qui se pose avec eux, c’est qu’il arrive parfois qu’ils dévorent d’autres espèces de prédateurs des ravageurs.

  • Les Carabes

Les carabes sont une espèce de coléoptères qui vivent dans le sol. Le plus souvent, ils se nourrissent des pucerons qui sont laissés tombés par les coccinelles. De plus, ils s’attaquent aussi aux taupins et aux limaces. Outre ces petits insectes, il existe également d’autres insectes prédateurs à la taille moyenne qui s’attaquent aux ravageurs des plantes. Il s’agit des guêpes et des libellules.

Bien que les guêpes aient l’habitude de compléter leurs régimes avec le nectar de fleurs, elles sont des prédateurs dangereux pour la plupart des insectes. Pour les libellules, elles sont considérées comme les prédateurs les plus dangereux contre les insectes. Leur régime alimentaire est régulièrement constitué des cochenilles, des vers, des papillons et des mites.

Tout comme les prédateurs, les parasitoses ont aussi une action très efficace contre les ravageurs des plantes. En effet, ils parasitent les insectes ravageurs en se développant à leur détriment ou au détriment de leurs œufs.

Comme exemple, nous avons les trichogrammes qui parasitent les œufs des lépidoptères. En effet, ils pondent leurs œufs dans ceux des espèces telles que : la pyrale du maïs, le vers de la grappe, des teignes de farine, des mites textiles, etc. Ainsi, leurs embryons se développent aux dépens des œufs de leurs hôtes et entraînent leur mort.

Une solution pour toutes les plantes

Opter pour la lutte biologique contre les ravageurs semble être une meilleure solution pour toutes les plantes. En effet, les avantages de cette solution sont nombreux et bénéfiques à la fois pour la biodiversité, l’homme et l’environnement. De plus, il présente également un intérêt économique. En appliquant cette solution à tout type de plantes, il en découle de nombreux avantages.

Les bénéfices pour l’homme

Déjà, il faut noter que les insectes auxiliaires utilisés dans la lutte biologique ne contiennent aucune toxicité qui peut être transmise à la plante. Pourtant, lorsque les plantes sont traitées avec des pesticides, ces substances restent dans l’air pour être inhalées par les hommes qui vivent dans la zone qui a été traité. Il en est de même pour les sources d’eau qui se trouvent aux alentours. Ces derniers sont contaminés et constituent une véritable source de maladies pour les êtres humains.

L’intérêt pour la biodiversité

La lutte biologique permet de maintenir la biodiversité et d’assurer la stabilité de l’écosystème. En effet, lorsqu’on utilise les insectes auxiliaires pour combattre les ravageurs, ces prédateurs diminuent la population des nuisibles sans toutes les exterminés. Ce qui n’est pas le cas pour les pesticides.

Rappelons que chaque être vivant à un rôle très important à jouer dans l’équilibre de l’écosystème. Bien que les ravageurs soient nuisibles, ils restent tout de même importants pour l’existence des prédateurs. De ce fait, s’il arrivait qu’ils disparaissent, la population des prédateurs disparaîtra également.

Un autre intérêt sur la biodiversité réside dans le fait que les prédateurs sont en mesures de se reproduire seul et de réduire la population des ravageurs sur le long terme. Ceci, sans aucune intervention de l’Homme.

L’intérêt économique

Le plus souvent, on n’a pas grand-chose à supporter comme frais lorsqu’on utilise la méthode biologique pour combattre les ravageurs des plantes. En effet, une fois qu’on a effectué des dépenses pour introduire ces insectes dans l’espace à traiter, il n’y a plus de frais à supporter. Cela est à l’opposé de l’utilisation des pesticides qui ont un coût trop élevé. Généralement, ce coût s’accroît au fil du temps puisque les parasites s’habituent à ces produits et développent une résistance à leur égard.

Certes, il est possible que pour un début, la lutte biologique soit difficile à mettre en place et nécessite un peu un coût plus élevé que ce qui a été prévu à l’avance. Toutefois, pour régler ce problème, vous pouvez au préalable vous assurer que les conditions climatiques sont favorables au prédateur dans l’environnement où ils seront introduits.

Les bénéfices de la lutte biologique sur l’environnement

En introduisant les auxiliaires de cultures pour remplacer l’utilisation des pesticides, vous contribuer énormément au développement d’un environnement sain. Il faut noter qu’en utilisant les prédateurs des ravageurs des plantes, le sol qui se trouve moins pollué permet un développement naturel et rapide d’une pédofaune.

En effet, le sol sera plus aéré grâce au travail des différents vers qui y vive. Cela facilitera une assimilation rapide des minéraux par les plantes. Les vers qui, en l’absence des pesticides, se développent aisément dans le sol, ont la capacité d’améliorer les propriétés physico-chimique du sol.

Outre ces faits, à grande échelle, la lutte biologique à un impact positif sur l’environnement. En effet, utiliser la méthode biologique permettra d’avoir une atmosphère sainte, de ce fait l’air respiré sera de bonne qualité. Elle évite également une pollution de l’eau et de l’ensemble de l’écosystème aquatique. De plus, l’ensemble de la faune et de la flore qui se développe autour de la zone traitée par la lutte biologique ne souffrira d’aucun mal comme c’est le cas avec l’utilisation des pesticides.

De cette analyse, il en découle que la lutte biologique est bénéfique pour tous les types de plante. De ce fait, vous pouvez tirer profit de ses avantages en l’appliquant à tout type de plante de votre potager ou jardin.

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