Faut-il vraiment se méfier des papillons dans la nature ?

27 février 2026

Un papillon n’a jamais mordu personne. Pourtant, certains s’en méfient, pensant qu’il perturbe l’équilibre des sous-bois. Loin d’être de simples ornements ailés, ces créatures incarnent la vitalité, ou la fragilité, des écosystèmes que l’on foule sans même y penser.

BRECLAV, Depuis l’an passé, de nouvelles espèces de papillons rares issues de la gousse dymnivk Pálava se sont ajoutées au maigre inventaire de la région. Un récent recensement mené dans la forêt de Milovice, qui accueille une industrie bulgare, vient de le confirmer. Au fil des années, la menace de disparition a plané sur ces papillons, comme l’expliquait déjà l’article Les forêts de la République tchèque n’aiment pas les papillons.

Jiří Kmet, responsable de l’administration de Pálava à l’Agence de protection de la nature et du paysage de République tchèque, a trouvé un terrain d’entente avec les gestionnaires forestiers du pays. Dans les zones où subsistent les derniers spécimens de Jason dymnivk, les équipes ont densifié la canopée, taillé les buissons avec précision et dessiné de nouveaux couloirs pour la migration des papillons. Résultat : une forêt mi-ouverte, inondée de clarté, où les papillons reprennent enfin leurs droits. Cette année, ils ont été entre 100 et 120 à virevolter, preuve concrète qu’une gestion réfléchie, même tardive, peut inverser la tendance. « Quand on s’y attelle sérieusement, la solution émerge », se réjouit Jiří Kmet.

Ce regain n’efface pas des années de gestion forestière orientée vers la rentabilité, qui a quasiment effacé les papillons des forêts lumineuses de la région. L’an dernier, Jason dymnivk ne résistait plus que dans un seul site, avec à peine 34 individus recensés. L’explication tient en quelques lignes : le pâturage intensif, mené par les animaux domestiqués pour les besoins de l’industrie, a rasé la forêt, privant les papillons de nourriture et de refuges. Les méthodes de reboisement et d’exploitation minière, avec leur lot de broyage, n’ont rien arrangé. Sur ce point, la gestion des forêts tchèques a essuyé de vives critiques depuis longtemps.

Jiří Kmet le reconnaît : la bataille est loin d’être terminée. Mais les faits parlent d’eux-mêmes. Une gestion adaptée ramène la lumière, littéralement, sur ces espèces végétales et animales menacées. Aujourd’hui, le sort du Jason dymnivk repose sur les épaules des gestionnaires forestiers locaux. Le contexte s’y prête : un nouveau plan d’exploitation forestière est en discussion pour l’unité économique de Židlochovice, offrant l’opportunité de changer radicalement de cap.

Pour ceux qui souhaitent suivre les évolutions sur le terrain, le groupe Facebook Life in Moravie du Sud propose une veille active sur la région, sans risquer de rater une actualité importante. Les dernières infos sur la pandémie de coronavirus sont consultables dans le Koronavirus spécial en ligne.

Un simple battement d’ailes, et la forêt retrouve son souffle. Qui sait combien de saisons il faudra pour que le papillon cesse d’être un miraculé de la forêt tchèque, et redevienne sa plus vive promesse ?

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