Gel annoncé : quand couper un bananier pour l’hiver pour le sauver du froid ?

18 février 2026

Homme taillant une banane dans un jardin automnal

Oubliez les recettes toutes faites : un bananier mal taillé, mal protégé, finit souvent en souvenir au printemps. Ce n’est pas la promesse d’exotisme qui résiste au premier coup de froid, mais la précision du geste du jardinier.

Un bananier encaisse un léger passage sous zéro, mais dès que le thermomètre s’effondre, ses parties aériennes ne font pas le poids. Certaines variétés résistent vaillamment jusqu’à -5 °C, d’autres montrent déjà des signes de faiblesse bien avant, même sous un voile de protection. La taille préventive ? Elle ne se décide pas à l’aveugle. Sa date change selon la région, la météo et le choix de culture. Trop tôt, la souche risque la pourriture ; trop tard, la reprise au printemps sera laborieuse. L’erreur la plus courante : ignorer la réalité du climat local et choisir une méthode au hasard.

Comprendre la résistance au froid des bananiers : variétés, seuils critiques et erreurs fréquentes

Le bananier, plante venue des tropiques, séduit bien des jardiniers hexagonaux. Mais face au gel, tous ne sont pas logés à la même enseigne. Les variétés rustiques telles que Musa basjoo encaissent -12 °C, parfois -15 °C, à condition que le rhizome soit soigneusement protégé. Le stipe (pseudo-tige formée par l’empilement des feuilles) est beaucoup plus fragile : il ne supporte généralement pas moins de -5 °C. Quant aux feuilles, le premier gel leur est fatal.

Dans les zones où les hivers sont marqués, mieux vaut miser sur des espèces capables de supporter la morsure du froid : Musa sikkimensis (jusqu’à -12 °C), Musa itinerans (-8 °C), ou encore l’incontournable Musa basjoo. Les bananiers d’ornement, comme Musa Maurelli, ou les variétés à fruits (Musa acuminata ‘Dwarf Cavendish’), se montrent beaucoup plus délicats : leur place est en pot, afin de pouvoir être rentrés dès que les nuits fraîchissent sous les 10 °C.

La résistance au froid repose aussi sur la maturité de la plante et la qualité des soins d’automne. Un jeune pied laissé sans paillage, sans protection ni couverture de feuilles mortes, ne traversera pas la mauvaise saison. Si le gel abîme irrémédiablement feuilles et stipe, un rhizome bien couvert redémarre volontiers à la belle saison.

Voici les principales précautions à prendre pour éviter les erreurs courantes :

  • Attendre le bon moment pour couper : une taille trop précoce expose les tissus frais aux caprices du climat.
  • Renforcer la protection du pied, surtout en terre lourde ou sujette à l’humidité stagnante.
  • Pour les variétés sensibles, choisir systématiquement la culture en pot et rentrer la plante à l’abri dès l’automne.

La pérennité du bananier en hiver se joue dans l’observation du terrain et la connaissance de la variété. Chaque année, en France, des bananiers disparaissent lors des premiers froids, victimes d’un optimisme mal placé ou d’une protection insuffisante.

Femme protégeant une banane dans une serre

Quand et comment couper un bananier avant l’hiver pour le préserver du gel ? Conseils pratiques pour chaque situation

Premières gelées en vue : il est temps d’agir. Pour un bananier en pleine terre, commencez par éliminer les feuilles noircies. Ensuite, taillez la pseudo-tige à environ 30 cm du sol. Cette coupe limite les dégâts du vent, simplifie la mise en place d’une protection et sauvegarde le rhizome. N’intervenez pas à la hâte : attendez que la température se maintienne en-dessous de zéro la nuit. Cela permet aux tissus de s’adapter progressivement. En climat doux, contentez-vous de supprimer les feuilles les plus abîmées.

Pour les jeunes bananiers ou les espèces frileuses, la prudence s’impose. Installez un paillage généreux, sur 40 cm d’épaisseur : feuilles mortes, paille ou copeaux de bois. Autour du stipe, placez un grillage en cylindre, comblez-le de matières sèches et enveloppez l’ensemble d’un voile d’hivernage. Ce rempart limite les effets du froid intense et des intempéries.

En pot, la stratégie change. Dès que les nuits descendent vers 10 °C, mettez le bananier à l’abri dans une pièce lumineuse et non chauffée, comme une serre froide, un garage clair ou une véranda. Diminuez l’arrosage pour éviter tout risque de racines gorgées d’eau. Veillez à ne jamais laisser d’eau stagnante dans la soucoupe.

Chaque bananier réclame une attention spécifique, selon sa variété et son mode de culture. La réussite de l’hivernage dépend de la rapidité de la mise en œuvre et d’une protection adaptée, dosée avec justesse : ni trop légère, ni trop massive. Préparer un bananier à affronter l’hiver, c’est parier sur sa vitalité au printemps : un geste simple, mais qui fait toute la différence quand la neige fond et que la vie reprend.

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