Pourquoi le chlore peut-il attirer certains moustiques ?

1 mars 2026

Les voyages sont un attribut de l’heure actuelle, et il a déjà été établi pour entraîner des risques pour la santé. Ces raisons naturelles ont conduit, au tournant des années 1980 et 1990, à l’émergence d’un nouveau domaine interdisciplinaire, la médecine du voyage…

Mots clés

médecine des voyages • évaluation des risques pour les voyageurs • conseils • vaccination • prévention du paludisme

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Parcourir le monde, aujourd’hui, ne s’improvise plus. La médecine des voyages occupe désormais une place centrale, fédérant infectiologues, experts de terrain, épidémiologistes et microbiologistes. Son champ va bien au-delà des classiques fièvres exotiques : mal des transports, descente de l’altitude ou adaptation aux climats marqués, stress et bouleversements alimentaires s’ajoutent à la liste.

Plus que jamais, la prudence doit guider tout projet de voyage. C’est toute une chaîne qui s’organise autour du départ : évaluation, prévention, diagnostic, et prise en charge des maladies ramenées de l’étranger. Pas de recette passe-partout : chaque voyageur doit bénéficier d’un examen personnalisé, des vaccins nécessaires, d’une analyse du risque de paludisme, parfois d’une prévention médicamenteuse, et de conseils pratiques adaptés à la destination prévue. Les acteurs de la santé de premier recours, médecins de famille, généralistes, pédiatres, jouent un rôle désormais décisif : ils savent reconnaître les situations suspectes, orienter vers les centres spécialisés si besoin, et, au retour, questionner sur le séjour à l’étranger au moindre symptôme inhabituel.

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Maladies contractées en voyage : panorama et tendances

Pour avoir une vision précise des dangers sanitaires au-delà des frontières, il faut compiler des données concrètes. Rien d’évident : questionnaires auprès des voyageurs, bilans réalisés à grande échelle avec des praticiens locaux, diagnostics posés au retour : chaque source éclaire une facette. Suisse, États-Unis, Finlande, Royaume-Uni : ces pays ont permis de cartographier les risques via l’interrogation systématique de milliers de voyageurs. Au Népal, une série d’études sur des groupes bien plus larges pointe l’influence du contexte local. L’ensemble se complète avec l’analyse continue des maladies importées, grâce à des réseaux de veille comme Tropneteurop, qui tiennent à l’œil le paludisme, la schistosomose ou la dengue.

En République tchèque, toute pathologie transmissible est à signaler par la loi : l’ensemble alimente la base EPIDAT et permet de cibler les régions à surveiller, année après année. Un constat ressort : les lieux préférés des voyageurs coïncident avec l’origine de la plupart des infections importées. Méditerranée et Afrique du Nord dominent la liste.

Dans les tuyaux officiels, un classement s’établit rapidement : la salmonellose trône en leader, suivie de près par d’autres infections digestives telles que dysenterie bacillaire, campylobactériose et hépatite A. Choléra et fièvre typhoïde restent très isolés tandis que la dengue remonte. Chez les migrants, la donne change : tuberculose, syphilis, hépatites, mais aussi une série de parasitoses intestinales comme ankylostomose et ascaridiose s’imposent.

Quels risques… et quelles réalités statistiques ?

Quand on croise les rapports, le constat frappe : dans l’ensemble des problèmes de santé enregistrés lors de séjours à l’étranger, les accidents arrivent en tête, la route produisant en moyenne près de 60% des incidents. Les maladies infectieuses, suivies de l’aggravation des maladies chroniques, occupent la deuxième marche. Mortalité comprise, blessures et pathologies cardiovasculaires pèsent lourd dans la balance.

Selon Steffen et Plotkin, la diarrhée du voyageur touche, selon les régions, entre 30 et 80 % des personnes. À côté, infections respiratoires et paludisme ferment le trio, surtout en l’absence de traitement préventif adapté.

L’évaluation individualisée, pilier du départ

Avant de songer à l’embarquement, place à un état des lieux méticuleux, impératif pour tout séjour en zone tropicale ou dans des régions à l’hygiène incertaine. Ce bilan mêle santé générale, antécédents médicaux, traitements, histoire vaccinale, allergies et équilibre psychique pour cerner au plus juste la vulnérabilité de chacun.

Les contours du voyage comptent aussi : pays et villes traversés, temps passé sur place, objet du séjour, hébergement, mode de restauration, habitudes de vie, tous viennent affiner le diagnostic. Impossible d’ignorer le contexte sanitaire du pays cible : situations épidémiques, recommandations en temps réel, évolution locale des risques… Autant de paramètres qui modifient les stratégies à adopter.

En cas d’épidémie ou d’alerte mondiale, rester informé et adapter son comportement devient une nécessité. Certaines populations demandent une attention renforcée : femmes enceintes, enfants, seniors, personnes atteintes de maladie chronique.

Passeport sanitaire : mesures concrètes avant le départ

Anticiper, c’est agir tôt : mise à jour des vaccins, choix d’une prophylaxie si nécessaire, adoption de gestes protecteurs. Pour préparer le terrain, il ne faut rien négliger :

  • assurer la potabilité de l’eau consommée
  • manger de préférence des aliments cuits ou pelés juste avant consommation
  • mettre de côté tout ce qui est cru : salades, glaces, charcuteries, fruits de mer non cuits ou glaçons
  • appuyer une hygiène stricte des mains, éviter linge ou objets partagés
  • se protéger activement contre les insectes porteurs de maladies

Les plats gardés trop longtemps après cuisson deviennent rapidement une source de contamination. S’en tenir à des produits tout juste préparés reste la meilleure garantie. Pour la boisson : de l’eau en bouteille d’origine sûre. À défaut, les désinfectants comme Sanosil ou Aquasteril, la solution de l’eau bouillie (trois minutes minimum) ou encore du thé ou café fraîchement infusés font leurs preuves.

La diarrhée se manifeste souvent dans les premiers jours, E. coli entérotoxigène en cause la plupart du temps. Pour les séjours longs, même sans problème pendant la mission, un contrôle médical au retour pour traquer d’éventuels parasites intestinaux s’impose. L’usage d’antibiotiques à titre préventif ne se justifie qu’exceptionnellement et sous strict contrôle médical. Enfin, un principe à respecter : toute personne malade doit s’abstenir de préparer à manger pour autrui.

Vaccinations, le trousseau indispensable

Un rendez-vous médical au moins quatre à six semaines avant le départ permet de faire le point sur l’état vaccinal et l’actualiser. Certaines vaccinations s’imposent, comme celle contre la fièvre jaune pour certains pays, d’autres sont fortement conseillées : tétanos, diphtérie, polio, ou encore la méningite à méningocoque pour des déplacements spécifiques.

Paludisme : ne rien laisser au hasard

Le paludisme continue à surprendre les voyageurs mal préparés. Éviter la piqûre du moustique reste la première ligne de défense, complétée par une prophylaxie adaptée en fonction de la région visitée. Les répulsifs contenant du DEET (Autan par exemple, dosage spécifique pour les enfants), moustiquaires imprégnées, insecticides en spray ou diffuseurs électriques composent le nécessaire. De retour à l’intérieur, laver la peau sur laquelle un répulsif a été appliqué reste une bonne pratique.

Au-delà des maladies infectieuses : risques à surveiller

L’exposition solaire excessive, plonger dans une eau douce non contrôlée, prendre le volant dans un pays inconnu ou encore relâcher la vigilance sur le plan sexuel, chacun de ces gestes expose à de nouveaux dangers. Mal des transports, décalage horaire, fatigue : tous peuvent être atténués par des solutions adaptées, une transition progressive au fuseau local, du repos dès l’arrivée ou, dans certains pays, l’usage maîtrisé de la mélatonine pour retrouver un bon rythme. Pour ceux qui voyagent pour travailler ou pratiquer un sport, s’accorder un temps de récupération réel change la donne.

Une fois revenu, il convient de rester attentif aux signes inhabituels : fièvre persistante, diarrhée prolongée, douleurs abdominales, sang dans les selles, difficultés à uriner, éruptions ou tout symptôme inhabituel doivent conduire à une consultation médicale sans attendre. Après un long séjour sous les tropiques, le suivi peut se justifier, en particulier pour les personnes plus fragiles. Enfin, les donneurs de sang sont tenus de signaler un voyage à l’étranger dans l’année suivant leur retour.

L’organisation de la médecine des voyages : vers une structuration internationale

La discipline s’institutionnalise progressivement : à l’échelle mondiale, l’OMS édite chaque année un référentiel actualisé, pendant que les CDC américains et les grands instituts européens adaptent régulièrement leurs recommandations. La République tchèque, plus récemment investie sur ce terrain, construit petit à petit sa propre grille de centres spécialisés.

Centres de conseils, cliniques spécialisées et unités hospitalières prennent en charge les voyageurs à chaque étape : information, vaccins, prescription d’une prophylaxie adaptée, suivi avant et après départ. À Prague, la clinique de médecine géographique du FN Royal Vinohrady, le Centre de médecine des voyages, incarnent ce dispositif nouveau. Depuis 2003, avec la réforme sanitaire, ces structures intègrent les nouveaux instituts de santé, responsables de la prévention, du diagnostic, de l’évaluation du risque et du conseil personnalisé. Les anciens postes sanitaires départementaux appartiennent désormais à l’histoire : la logique qui prévaut est celle d’un système intégré, connecté aux autorités publiques.

Impossible, à l’heure de la mondialisation, de considérer la médecine des voyages comme une option. Pour explorer le monde sans y laisser santé ou énergie, anticiper, s’équiper, s’informer forment le triptyque gagnant. Préparer son sac, c’est déjà penser à la suite : revenir entier, conscient, et prêt pour la prochaine aventure.

MudR. Eva Jílková

Courriel : [email protected]

Institut de santé situé à Ústí n. L. očkování,

épidémiologie a poradna pro cesty do zahraničí

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Littératura

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