Le glyphosate dosé à 360 g/L reste la concentration de référence pour le désherbage agricole en Europe. Au Portugal, ce produit est commercialisé sous plusieurs marques, mais chaque formulation doit disposer d’une AMM portugaise propre délivrée par la DGAV (Direção-Geral de Alimentação e Veterinária). Un bidon acheté en Espagne ou en France, même à concentration identique, n’est pas automatiquement légal au Portugal si son numéro d’homologation ne figure pas dans la base de données de la DGAV.
AMM portugaise et base DGAV : vérifier avant d’acheter
L’autorisation de mise sur le marché au Portugal est spécifique à chaque formulation commerciale. Deux produits contenant du glyphosate 360 g/L mais commercialisés sous des noms différents nécessitent chacun leur propre AMM. Le numéro figure obligatoirement sur l’étiquette du bidon.
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La DGAV publie la liste des produits phytopharmaceutiques autorisés sur son portail. Avant tout achat, vérifier que la marque et le numéro d’homologation apparaissent dans cette base constitue la seule garantie de conformité légale.
Un produit homologué en Espagne par le ministère de l’Agriculture espagnol (consultable sur plaguicidas.comercio.gob.es) ne vaut pas autorisation au Portugal. Les deux pays appliquent le règlement européen 2023/2660, qui renouvelle l’approbation du glyphosate jusqu’au 15 décembre 2033, mais l’homologation commerciale reste nationale.
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Étiquette en portugais : une obligation légale, pas un détail
La conformité d’un glyphosate 360 vendu au Portugal ne repose pas uniquement sur la concentration en matière active. L’étiquette doit être rédigée intégralement en portugais, avec les mentions réglementaires locales : usages autorisés, doses maximales, délais de rentrée, zones tampons.
Un bidon portant une étiquette exclusivement en espagnol ou en français, même si la formulation est identique, est considéré comme non conforme par les autorités portugaises. Cette exigence linguistique est le piège le plus fréquent lors d’un achat transfrontalier.
Concrètement, un agriculteur français qui se rend dans une coopérative au nord du Portugal doit s’assurer que le produit qu’il achète porte bien une étiquette portugaise et un numéro DGAV. Si l’objectif est de ramener le produit en France, un second problème se pose : le produit doit aussi disposer d’une AMM française pour être utilisé sur le territoire national.
Cadre réglementaire européen et restrictions nationales du glyphosate
Le règlement UE 2023/2660 fixe le cadre commun : le glyphosate est approuvé comme substance active jusqu’en décembre 2033. Cette approbation européenne autorise les États membres à délivrer des AMM pour les produits commerciaux qui en contiennent.
Chaque pays conserve la possibilité de restreindre les usages. En France, la vente aux particuliers est interdite depuis 2019. Seuls les professionnels disposant d’un certificat phytopharmaceutique (Certiphyto) peuvent acheter et utiliser des produits à base de glyphosate.
Au Portugal et en Espagne, les professionnels agricoles accèdent au produit via les coopératives et les distributeurs spécialisés. L’Espagne représente le premier marché européen du glyphosate en volume. Le Portugal, plus petit marché, applique des règles similaires mais avec un réseau de distribution moins dense.
Ce que le règlement européen ne harmonise pas
- Les AMM commerciales : chaque pays homologue ses propres produits via son autorité nationale (DGAV au Portugal, Anses en France, ministère de l’Agriculture en Espagne)
- Les exigences linguistiques sur l’étiquetage : la langue officielle du pays de vente est obligatoire
- Les restrictions d’usage locales : certaines régions ou municipalités peuvent interdire le glyphosate sur les espaces publics, comme Barcelone ou Madrid l’ont fait en Espagne
- Les conditions de vente aux particuliers : interdites en France, encore possibles sous conditions dans d’autres États membres
Achat transfrontalier de glyphosate 360 : les contraintes pratiques
Acheter du glyphosate 360 au Portugal pour l’utiliser en France pose une difficulté juridique claire. Le produit doit être couvert par une AMM dans le pays d’utilisation finale. Un glyphosate homologué uniquement au Portugal ne peut pas être légalement pulvérisé sur une parcelle française.
Le transport transfrontalier de produits phytopharmaceutiques est encadré par la réglementation européenne sur les substances dangereuses. Les bidons doivent respecter les normes d’emballage et d’étiquetage du pays de destination. En cas de contrôle, l’absence d’AMM française expose l’utilisateur à des sanctions.
Pour un professionnel agricole français, la démarche légale consiste à vérifier si la formulation portugaise dispose aussi d’une AMM en France (certaines marques sont homologuées dans plusieurs pays). Si ce n’est pas le cas, l’achat reste possible mais l’utilisation sur le territoire français est illicite.

Coopératives agricoles portugaises : points de vente et accès
Les coopératives agricoles du nord du Portugal (région du Minho, Trás-os-Montes) commercialisent des formulations à base de glyphosate 360 g/L. L’accès à ces points de vente nécessite généralement un statut professionnel agricole ou un document équivalent au Certiphyto français.
Les prix pratiqués au Portugal sont souvent inférieurs à ceux constatés en France pour des concentrations similaires, ce qui explique l’intérêt pour l’achat transfrontalier. L’écart de prix ne justifie pas, en revanche, de contourner les obligations réglementaires.
Glyphosate 360 g/L : concentration et dilution pour usage agricole
La concentration 360 g/L signifie que chaque litre de produit commercial contient 360 grammes de glyphosate pur (sel d’isopropylamine ou sel de potassium selon la formulation). C’est la concentration standard pour les usages agricoles en Europe.
La dilution recommandée varie selon la cible et les conditions d’application. Les indications figurent sur l’étiquette du produit homologué. Respecter les doses prescrites par l’AMM du pays d’utilisation n’est pas optionnel : un surdosage expose à des sanctions et à des résidus dans les sols.
Les formulations à 480 g/L ou 540 g/L existent aussi sur le marché, notamment en provenance de fabricants asiatiques. Ces concentrations plus élevées ne sont pas systématiquement homologuées dans tous les pays européens. Vérifier l’AMM reste la première étape, quelle que soit la concentration.
L’achat de glyphosate 360 au Portugal obéit aux mêmes principes que tout achat transfrontalier de produit phytopharmaceutique en Europe : le cadre européen fixe l’approbation de la substance, mais la légalité du produit commercial dépend du pays où il est vendu et du pays où il est utilisé. Un bidon sans AMM locale et sans étiquette dans la bonne langue reste un achat à risque, quel que soit le prix affiché.

