Crottes de Loire : comment vérifier si le loir est encore présent ?

30 août 2026

Crottes de loir en gros plan sur une poutre en bois dans un grenier rural, petits excréments ovales foncés caractéristiques

Les crottes de loir gris (Glis glis) sont des déjections cylindriques à ovales, de couleur brun-gris à brun foncé, à surface mate, qui contiennent souvent des fragments de coques, pépins ou baies partiellement digérés. Trouver ces crottes dans un grenier ou un comble ne signifie pas forcément que l’animal y vit encore. Le loir hiberne plusieurs mois par an, et ses déjections peuvent rester intactes longtemps après son départ.

Toute la difficulté consiste à déterminer si les indices observés sont récents ou anciens, sans recourir à des méthodes interdites par la loi.

Statut protégé du loir gris et contraintes légales de vérification

Avant toute démarche, un point réglementaire conditionne la suite. Le loir gris est une espèce protégée au niveau européen. En France, les interdictions générales de l’article L.411-1 du Code de l’environnement s’appliquent : capture, détention, transport, destruction et perturbation intentionnelle des individus et de leurs habitats sont prohibés, sauf dérogation spécifique.

Concrètement, les pièges létaux, les pièges collants, les tapettes et les rodenticides utilisés contre les rats ou les souris sont interdits pour le loir. Tuer, piéger ou déplacer un loir sans autorisation constitue une infraction pénale.

Pour vérifier si un loir occupe encore un grenier, il faut donc s’en tenir à des méthodes d’observation non intrusives : analyse des crottes, repérage des bruits, examen des circuits de déplacement, ou installation de caméras passives (type piège photographique à détection de mouvement). Toute intervention physique sur l’animal ou son nid nécessite une dérogation préfectorale.

Chercheur inspectant un nichoir en forêt pour détecter la présence d'un loir grâce aux traces et crottes

Crottes de loir fraîches ou anciennes : les critères de datation

C’est le point central pour savoir si le loir est encore là. Les concurrents décrivent l’apparence générale des crottes, mais détaillent rarement comment distinguer une déjection récente d’un résidu vieux de plusieurs mois.

Texture et couleur

Une crotte fraîche de loir est molle, légèrement brillante en surface malgré son aspect globalement mat, et d’un brun soutenu. Elle s’écrase facilement si on appuie dessus avec un gant. Au bout de quelques jours en milieu sec (grenier ventilé), elle durcit, pâlit vers le gris et devient cassante.

Si toutes les crottes trouvées sont sèches, grises et friables, l’occupation est probablement ancienne. La présence simultanée de crottes molles et sombres aux côtés de crottes sèches indique au contraire une fréquentation régulière et actuelle du lieu.

Disposition en latrines

Le loir concentre ses déjections dans des zones précises appelées latrines, souvent au bord des poutres, à l’angle de l’isolant ou près de ses accès habituels. Un amas regroupé de plusieurs dizaines de crottes au même endroit est typique du loir. Si les latrines montrent une accumulation en couches (crottes anciennes dessous, fraîches au-dessus), l’animal revient régulièrement.

Contenu visible

Les crottes de loir contiennent fréquemment des fragments identifiables : morceaux de noix, de noisettes, pépins de pomme, restes de baies. Si ces débris végétaux correspondent à des fruits de saison (par exemple des baies d’automne en octobre), c’est un indice supplémentaire de présence récente.

Indices complémentaires pour confirmer une présence active

Les crottes seules ne suffisent pas toujours à trancher. D’autres traces, croisées avec l’état des déjections, permettent un diagnostic plus fiable.

  • Bruits nocturnes réguliers : le loir est actif la nuit et produit des grattements, des courses rapides sur les poutres et parfois des cris aigus. Ces bruits se distinguent de ceux du rat par leur caractère bondissant, le loir se déplaçant par sauts
  • Traces de grignotage sur les câbles électriques, l’isolant ou les boiseries, avec des marques de dents plus larges que celles d’une souris mais moins profondes que celles d’un rat brun
  • Présence d’un nid constitué de mousse, feuilles, fibres textiles ou isolant arraché, généralement logé dans un recoin protégé du grenier ou entre les chevrons
  • Empreintes dans la poussière le long des poutres ou sur les surfaces planes : le loir laisse des traces de pattes à cinq doigts bien écartés sur les membres postérieurs

Indices de présence d'un loir dans un cabanon de jardin : crottes, restes de noix grignotées et poils sur une étagère en bois

Calendrier d’activité du loir et périodes d’observation

Le loir gris hiberne pendant une grande partie de l’année, ce qui rend la période d’observation déterminante. L’animal entre en hibernation à l’automne et n’en sort qu’au printemps. Sa phase d’activité se concentre donc sur quelques mois, avec un pic avant l’hibernation durant lequel il accumule des réserves.

Chercher des crottes fraîches en plein hiver dans un grenier n’a pas grand sens : même si le loir hiberne sur place, il ne produit quasiment aucune déjection pendant cette période. La meilleure fenêtre pour vérifier une présence active se situe entre mai et octobre.

En dehors de cette période, les indices pertinents sont plutôt structurels : nid intact avec matériaux frais, traces de grignotage récentes sur des éléments datables (câble neuf, isolant posé récemment).

Piège photographique nocturne : la méthode la plus fiable et légale

Quand l’analyse des crottes et des traces ne permet pas de conclure, une caméra à détection de mouvement placée à proximité des latrines identifiées donne une réponse définitive. Ce type de dispositif ne capture pas l’animal, ne le perturbe pas, et reste donc parfaitement compatible avec le statut protégé du loir.

Un piège photographique orienté vers une poutre fréquentée ou un point d’accès suspect, laissé en place quelques nuits entre mai et octobre, suffit généralement à confirmer ou infirmer la présence. Les modèles à infrarouge ne produisent pas de flash visible et n’effraient pas l’animal.

Si la caméra confirme la présence du loir et que la cohabitation pose un problème réel (dégâts sur l’isolation, nuisances sonores persistantes), la seule option légale est de contacter la Direction départementale des territoires (DDT) pour obtenir une dérogation. Aucune intervention directe sur l’animal n’est autorisée sans ce cadre administratif.

Les crottes restent le premier indice d’alerte, mais leur état (fraîcheur, superposition, contenu saisonnier) compte davantage que leur simple présence. Un grenier peut conserver des crottes de loir pendant des années après le départ de l’animal. Croiser la datation des déjections avec le calendrier d’activité de l’espèce et, si besoin, une vérification par caméra passive, permet d’obtenir un diagnostic solide sans risquer d’enfreindre la réglementation sur les espèces protégées.

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